Ici, nous sommes dans les vieux quartiers historiques, les origines de Champagne. Ce hameau faisait partie d’un territoire plus vaste, parfois appelé « les Voutillières » (plan de Cassini du 18ème siècle), s’étendant sur environ un kilomètre du sud au nord le long d’un ancien chemin « allant de Lyon à Saint-Didier par Voutillière ». La partie sud appartenait au seigneur de Saint-Cyr et la partie nord au seigneur de Saint-André du Coing.
Au 14ème siècle, le cœur du territoire, peuplé de huit familles, se trouvait à l’emplacement actuel de la Malmaison, près du carrefour nommé Trêve de la Voutillière, croisant une route venant d’Écully. Il englobait également le hameau actuel du Bidon. L’indication d’une manse, domaine rural à l’origine de nombreux hameaux, indique une origine antérieure à l’an mille. Un plan de 1668 mentionne un carrefour important marqué d’une croix. Ce hameau s’est développé aux 16 et 17ème siècles.

Proche de Lyon, cet habitat rural s’est transformé en accueillant de nombreuses et riches maisons de campagne, avec des terres agricoles productives (vigne, jardins, arboriculture fruitière et céréales sur le plateau de Champagne). Des fermes plus modestes ont subsisté après la Révolution.
Le quartier, peu modifié depuis, constitue un périmètre d’intérêt patrimonial du plan local d’urbanisme de la métropole de Lyon. Situé au bord du vallon de Rochecardon, il offre une arrière-scène paysagère remarquable. Organisé le long du chemin de la Voutillière, il s’intègre dans la pente et se compose de voies étroites, de cours closes de murs, avec des portails en bois ou ferronnerie, et des angles renforcés de bouteroues. Des encadrements en pierres grises « à gryphées », provenant des carrières de Saint-Didier, ainsi que de belles ammonites sont également visibles. Ce hameau offre une vue lointaine sur les Alpes.





La Malmaison
Plus au nord, au 2 rue du Professeur Marion, se trouve un élément bâti patrimonial : la Malmaison. C’est à cet emplacement que se trouvait le hameau médiéval principal avant 1393, autour d’une « manse » primitive au-dessus d’une gorge et d’une fontaine appelées de Voutillière. Un petit ruisseau, affluent du Rochecardon, y coule toujours.
M. Lodoïx Monnier, appelé aussi Ludovic, achète la Malmaison en 1829 et sera l’instigateur de la construction de l’église de Champagne. Après la défaite de 1940, la maison est réquisitionnée par l’armée allemande. Puis, en 1946, M. Napoléon Bullukian, rescapé du génocide arménien, industriel et mécène, fera revivre la Malmaison dans laquelle il recevra de nombreuses personnalités du monde politique. Proche du professeur Pierre Marion, il lèguera sa fortune à sa mort en 1984 à la Fondation de France pour la recherche médicale, les arts et l’aide aux œuvres arméniennes.
Anecdote : les enfants de la Malmaison pêchaient des écrevisses dans le vallon de Rochecardon. Pendant la guerre de 1939-1945, les Allemands réquisitionnèrent la Malmaison, et les chevaux occupaient l’orangerie. Napoléon Bullukian, le dernier propriétaire, acheta la propriété en 1948 et légua sa fortune à la Fondation de France à sa mort en 1984. La Malmaison a été le siège de la Fondation Léa et Napoléon Bullukian pendant quelques années. La propriété constitue un élément patrimonial de la commune.



Les moulins du vallon
Au fond du vallon, plusieurs moulins utilisaient l’énergie hydraulique du ruisseau de Rochecardon. Ils se succédaient à quelques mètres les uns des autres. Initialement consacrés à la mouture de farine, ils furent progressivement adaptés à l’industrie lyonnaise en plein essor au 19ème siècle. Le moulin fut vendu par un meunier à un moulinier en soie en 1872, à l’époque florissante de l’industrie lyonnaise du tissage avec ses métiers Jacquard. Ce moulin servait à dévider les cocons et fabriquer le fil de soie. Le dernier moulinier en soie de Richerand habitait à la Voutillière, et ses descendants y résident toujours.
